Documenter · rôle à tenir par l’agent : Rédacteur technique
Faire consigner une décision au journal de direction
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Phase du chantier : 6. Construction
Quand l’employer
À employer après chaque décision que vous avez prise et qui engage la suite. À ne pas employer pour raconter ce que l'agent a fait : le journal enregistre vos décisions, pas son activité.
Les 4 trous à remplir avant d’envoyer
Chaque trou est une décision déjà prise. Un trou que vous ne savez pas remplir n’est pas une case à improviser : c’est un travail de cadrage qui manque.
- {DECISION_PRISE}
- Quelle décision avez-vous prise, en une phrase à la première personne ?
- Pourquoi ce trou existe. Une décision écrite à la voix passive n'a pas d'auteur, et une décision sans auteur se rediscute indéfiniment.
- Si vous ne savez pas répondre. Si vous ne pouvez pas l'écrire à la première personne, c'est que la décision n'a pas été prise : elle a été subie.
- {OPTIONS_ECARTEES}
- Qu'avez-vous écarté, et pour quelle raison précise ?
- Pourquoi ce trou existe. Ce qui coûte cher plus tard, ce n'est pas d'avoir choisi, c'est d'avoir oublié pourquoi on n'avait pas choisi l'autre.
- Si vous ne savez pas répondre. S'il n'y avait pas d'autre option, écrivez-le. Une décision sans alternative est une contrainte, et il faut la nommer comme telle.
- {PREUVE_ASSOCIEE}
- Sur quelle preuve la décision repose-t-elle, et où se trouve cette preuve ?
- Pourquoi ce trou existe. Une décision sans preuve rattachée devient une opinion dès que la personne qui l'a prise a oublié le contexte.
- Si vous ne savez pas répondre. Écrivez « aucune preuve, décision prise au jugement ». C'est une mention honnête, et elle vous protégera mieux qu'une justification inventée.
- {CE_QUI_LA_REMETTRAIT_EN_CAUSE}
- Quel fait, plus tard, obligerait à revoir cette décision ?
- Pourquoi ce trou existe. Une décision dont on a écrit la condition de révision se révise sans drame. Sans cette condition, la revoir passe pour un aveu d'erreur.
- Si vous ne savez pas répondre. Demandez-vous ce qui vous ferait dire, dans six mois, que vous vous étiez trompé. Écrivez-le maintenant, pendant que vous êtes lucide.
Le corps du gabarit
Quatre parties, toujours dans cet ordre : le rôle et le mandat, le contexte factuel, la demande bornée, le format de sortie exigé. Les trous restent visibles à la copie, et c’est voulu : les remplir un par un est la dernière occasion de s’apercevoir qu’une décision manque.
## 1. RÔLE ET MANDAT
Tu es rédacteur technique. Ton mandat est de consigner une décision que j'ai prise, dans une entrée de journal courte, datée, et compréhensible par quelqu'un qui arriverait sur le projet dans un an. Tu n'évalues pas la décision et tu ne la commentes pas.
## 2. CONTEXTE FACTUEL
Décision prise : {DECISION_PRISE}
Options écartées et raisons : {OPTIONS_ECARTEES}
Preuve sur laquelle elle repose : {PREUVE_ASSOCIEE}
Fait qui obligerait à la revoir : {CE_QUI_LA_REMETTRAIT_EN_CAUSE}
La décision est prise. Tu ne la discutes pas, tu ne la nuances pas, tu ne suggères pas d'alternative. Si un élément te paraît manquer, tu le signales en fin d'entrée, dans une ligne séparée.
## 3. DEMANDE BORNÉE
Rédige l'entrée de journal.
Ce que je veux :
1. la date, la phase du projet et le titre de la décision, en une ligne ;
2. la décision, à la première personne, en une phrase ;
3. le contexte en trois lignes maximum : ce qui s'était passé avant et pourquoi la question s'est posée ;
4. les options écartées, une par ligne, chacune avec sa raison ;
5. la preuve, avec l'endroit où on la retrouve, ou la mention explicite qu'il n'y en a pas ;
6. la condition de révision, en une phrase.
Ce que je ne veux pas : un jugement sur la décision, une recommandation, un résumé de ce que l'agent a fait, une entrée de plus de quinze lignes.
## 4. FORMAT DE SORTIE EXIGÉ
Une entrée, six rubriques, quinze lignes au maximum. Rien à la voix passive dans la rubrique de la décision. Aucun terme technique qui ne serait pas compris par la personne qui a pris la décision.
Ta réponse est refusable si l'entrée dépasse quinze lignes, si la décision est écrite à la voix passive, ou si l'agent y ajoute son avis.Ce que vous devez recevoir
- Une entrée datée, tenant en quinze lignes au maximum.
- La décision écrite à la première personne, en une phrase.
- Un contexte de trois lignes disant pourquoi la question s'est posée.
- Les options écartées, une par ligne, chacune avec sa raison.
- La preuve et son emplacement, ou la mention explicite qu'il n'y en a pas.
- Une condition de révision écrite en une phrase.
Ce qui doit vous faire refuser
Ces motifs sont écrits comme des constats : « un fichier hors périmètre a été modifié » se vérifie, « le travail manque de rigueur » ne se vérifie pas.
- L'entrée dépasse quinze lignes et ne sera donc jamais relue.
- La décision est écrite à la voix passive, ce qui la prive d'auteur.
- L'agent a ajouté son avis sur la décision, ce qui transforme le journal en discussion.
- L'absence de preuve a été masquée par une justification générale.
- La condition de révision est absente, ce qui rendra tout retour en arrière honteux.
- L'entrée raconte le travail de l'agent au lieu de consigner votre décision.
Selon pour qui vous construisez
- Pour moi.
- Le journal est le seul document qui vous protège de vous-même. Sans lui, vous rediscuterez les mêmes arbitrages tous les deux mois.
- Pour mon employeur.
- Le journal se partage avec le commanditaire au fil de l'eau. Une décision qu'il découvre à la fin est une décision qu'il conteste.
- Pour un client.
- Le journal est la pièce qui prouve votre direction. En cas de litige, il vaut davantage que le code, parce qu'il montre ce que vous saviez au moment de décider.